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MétiersMis à jour le 30/07/2026 · 7 min

Cyber armée : comment devenir cybercombattant en 2026

Adjudant français des FANC, civil cyber tahitien et spécialiste cyber américain devant leurs ordinateurs, exercice Marara en Polynésie française
Adjudant français des FANC, civil cyber tahitien et spécialiste cyber américain devant leurs ordinateurs, exercice Marara en Polynésie française. Domaine public, via Wikimedia Commons

La cyberdéfense est devenue une priorité pour le ministère des Armées, qui recrute chaque année plusieurs centaines de spécialistes du numérique. Techniciens, sous-officiers, officiers ou ingénieurs : il existe une voie d'entrée à presque tous les niveaux de diplôme, du bac au bac+5. Ce guide fait le point sur les métiers, les diplômes attendus, les salaires et les démarches pour rejoindre la cyberdéfense militaire en 2026.

Qu'est-ce qu'un « cybercombattant » ?

« Cybercombattant » est le terme employé par le ministère des Armées pour désigner les militaires (et civils de la Défense) qui protègent les systèmes d'information et les systèmes d'armes contre les cyberattaques, ou qui conduisent des opérations militaires dans le cyberespace. Cette communauté est rassemblée sous l'autorité du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER), qui compte plus de 3 600 cybercombattants civils et militaires (defense.gouv.fr, COMCYBER). La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 953 emplois supplémentaires, pour un total de plus de 5 553 postes à l'horizon 2030 (Sénat, rapport d'information n° 638 sur la coordination de la cyberdéfense). Selon ce même rapport, la montée en puissance se heurte à des difficultés de recrutement : sur 4 600 postes ouverts en 2023, 3 502 seulement étaient pourvus, soit un déficit de près de 1 100 emplois, attribué au manque de viviers formés et à l'attractivité salariale du secteur privé.

Adjudant français des FANC supervisant un défi de cybersécurité aux côtés d'un spécialiste cyber américain, exercice Marara en Polynésie française
Adjudant français des FANC supervisant un défi de cybersécurité aux côtés d'un spécialiste cyber américain, exercice Marara en Polynésie française. Domaine public, via Wikimedia Commons

À ne pas confondre avec les enquêteurs numériques de la Gendarmerie nationale (les « N'Tech »), qui luttent contre la cybercriminalité : les deux univers recrutent, mais pour des missions différentes. Défense des réseaux d'un côté, investigation judiciaire de l'autre (voir plus bas).

Quelles armées recrutent en cyberdéfense ?

Les quatre forces armées ont des postes cyber, chacune avec son propre circuit de candidature. Retrouvez toutes les offres actuellement ouvertes sur /offres.

Armée de Terre

L'armée de Terre recrute des techniciens et des officiers experts en cybersécurité, du niveau bac aux diplômes d'ingénieur. Elle recrute et forme chaque année près de 16 000 personnes dans plus de 100 spécialités, parmi lesquelles de nombreux postes ouverts en cybersécurité, réseaux et maintenance (Petites Affiches, économie). Les fiches de poste (technicien et officier expert cybersécurité) sont détaillées sur le portail officiel sengager.fr. Pour les autres filières et le déroulé du dossier, consultez notre guide s'engager dans l'armée de Terre et la page /branches/armee-de-terre.

Armée de l'Air et de l'Espace

L'armée de l'Air et de l'Espace propose plusieurs métiers cyber : technicien systèmes numériques, officier cybersécurité et postes d'experts. L'entrée en formation d'officier cybersécurité est ouverte dès le bac+3, celle de responsable systèmes numériques exige d'être de nationalité française et âgé de moins de 30 ans à la signature du contrat, avec un niveau bac+3 minimum (devenir-aviateur.gouv.fr, les métiers de la cybersécurité). L'armée de l'Air et de l'Espace indique par ailleurs que, sous certaines conditions, une prime d'engagement de 5 000 à 15 000 € peut être obtenue selon le métier choisi (devenir-aviateur.gouv.fr). Plus de détails sur la voie sous-officier dans notre guide devenir sous-officier de l'armée de l'air et sur /branches/armee-de-lair.

Marine nationale

La Marine nationale finance des bourses d'études cyber : les étudiants inscrits en bac+3/bac+4 dans un cursus menant à un diplôme bac+4 ou bac+5 en cybersécurité, sécurité informatique ou systèmes d'information peuvent candidater sur lamarinerecrute.gouv.fr. Conditions : nationalité française, JDC effectuée, aptitude médicale, et entre 21 et moins de 30 ans au 1er janvier de l'année de recrutement. En contrepartie, un engagement de 4 ans est demandé à l'issue du diplôme, avec une affectation possible au COMCYBER (Paris ou Rennes), à la Direction du renseignement militaire (DRM) ou au centre de soutien cyberdéfense de Brest ou Toulon. Voir aussi /branches/marine-nationale.

Gendarmerie nationale : deux voies distinctes

La Gendarmerie nationale, force armée à statut militaire, a deux besoins cyber différents :

  • Le commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend), créé par l'arrêté du 25 février 2021, a pour mission de « piloter, conduire et animer le dispositif de la gendarmerie nationale dans la lutte contre les cybermenaces ». Des postes d'experts sont ouverts sur gendarmerie.interieur.gouv.fr.
  • L'unité nationale cyber, créée par l'arrêté du 23 novembre 2023 et rattachée à la direction des opérations et de l'emploi de la DGGN, conduit les enquêtes judiciaires en matière de cybercriminalité. C'est là qu'exercent les gendarmes N'Tech (nouvelles technologies). On y accède après avoir intégré la gendarmerie par le concours de sous-officier (SOG, niveau bac) ou d'officier, puis en obtenant la qualification d'officier de police judiciaire et en réussissant la sélection interne pour la spécialité numérique (gendarmerie.interieur.gouv.fr, sous-officier SOG externe).

Pour préparer ce concours d'entrée, consultez notre guide concours gendarmerie : épreuves et préparation.

Faut-il être ingénieur pour travailler dans la cyber de l'armée ?

Non. C'est l'une des questions les plus fréquentes, et la réponse dépend du grade visé :

Niveau de diplômeStatut accessibleExemple de poste
Bac (parfois sans diplôme, formation interne)Militaire du rang / sous-officierTechnicien systèmes numériques, opérateur cyberdéfense
Bac+2 / BTS SN option cyberdéfenseSous-officierTechnicien spécialiste cyber
Bac+3Officier sous contrat (OSC)Officier cybersécurité (armée de l'Air)
Bac+4 / Bac+5 (ingénieur, master)Officier / expertOfficier expert cybersécurité, ingénieur cyber DGA

Le BTS Systèmes numériques (SN), option informatique et réseaux, parcours cyberdéfense, créé en 2017, est une passerelle fréquemment citée par les armées pour former des techniciens spécialisés. Les armées assurent ensuite elles-mêmes une formation complémentaire en école militaire une fois le candidat recruté : un bagage informatique général suffit souvent à l'entrée, la spécialisation cyber se faisant en formation.

Comment postuler : les étapes

  1. Recensement et JDC : comme pour tout engagement militaire, il faut être recensé et avoir passé la Journée défense et citoyenneté.
  2. Premier contact au CIRFA : chaque armée dispose d'un centre d'information et de recrutement. Notre guide le CIRFA : premier rendez-vous, dossier et inscription détaille les pièces à réunir.
  3. Dossier et tests : selon le poste, tests psychotechniques, entretien de motivation et parfois épreuve technique en informatique.
  4. Aptitude médicale : un examen médical valide l'aptitude au service, y compris pour les postes non opérationnels.
  5. Formation : formation militaire initiale commune, puis spécialisation cyber en école (COMCYBER, écoles d'armée, ou cursus civil financé par bourse pour la Marine).

Quel salaire pour un cybercombattant ?

Les grilles de solde sont identiques à celles des autres militaires du même grade (voir notre grille indiciaire militaire 2026), mais certaines primes spécifiques existent. La page officielle du ministère des Armées consacrée à la rémunération des officiers sous contrat spécialistes cyber publie une grille de soldes brutes : environ 1 700 € bruts par mois au grade d'aspirant, 1 945 € bruts une fois nommé sous-lieutenant, puis de 2 115 à 2 715 € bruts au grade de lieutenant et de 4 015 à 5 550 € bruts en fin de carrière au grade de colonel, selon l'échelon (defense.gouv.fr/comcyber, rémunération des officiers spécialistes cyber). Attention à ne pas confondre : ces montants sont bruts, le net perçu est sensiblement inférieur. L'armée de l'Air et de l'Espace ajoute, sous certaines conditions, une prime d'engagement de 5 000 à 15 000 € selon le métier choisi (devenir-aviateur.gouv.fr). Ces montants varient selon l'armée, le statut (sous-officier ou officier) et la situation familiale : vérifiez le détail applicable à votre poste auprès de votre CIRFA.

Cybersécurité militaire : quels débouchés après l'armée ?

L'expérience acquise en cyberdéfense militaire (habilitations, environnements sensibles, gestion de crise) est recherchée dans le secteur privé et la fonction publique. Pour anticiper la suite de carrière, consultez notre guide reconversion après l'armée : droits et dispositifs.