Carrières
Militaires
← Tous les guides
ConcoursMis à jour le 05/08/2026 · 7 min

Dérogations d'âge et de diplôme pour le concours de sous-officier de gendarmerie

Colonne d'assaut du GIGN avec véhicule blindé et chien d'intervention lors d'une démonstration
Colonne d'assaut du GIGN avec véhicule blindé et chien d'intervention lors d'une démonstration. Photo : Domenjod, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Pour se présenter au concours externe de sous-officier de gendarmerie (SOG1), il faut en principe être âgé de 17 ans au moins et de 35 ans au plus au 1er janvier de l'année du concours, et être titulaire du baccalauréat ou d'un diplôme classé au moins au niveau 4 du répertoire national des certifications professionnelles (décret n° 2008-952 du 12 septembre 2008, article 13-1, dans sa version consolidée ; le seuil d'âge minimal a été abaissé de 18 à 17 ans par le décret n° 2023-675 du 28 juillet 2023, en vigueur depuis le 1er août 2023).

Mais la loi prévoit aussi des dérogations précises, réservées à des situations bien définies : dernière année d'études, enfants à charge, statut de sportif de haut niveau, service civique ou volontariat international effectué. Ce ne sont pas des exceptions accordées au cas par cas sur simple demande : chacune repose sur un texte de loi ou de règlement identifiable, avec ses propres conditions. C'est ce que confirme l'instruction qui encadre le recrutement des SOG : « des dérogations aux conditions d'âge, de diplôme et d'aptitude médicale sont prévues et strictement encadrées » (instruction n° 73100/ARM/GEND/DPMGN/SDC/BRCE du 18 décembre 2020, Bulletin officiel des armées).

Pour le reste des conditions d'accès et le déroulé des trois concours (SOG1, SOG2, SOG3), voir notre guide comment devenir gendarme en 2026 et le détail des épreuves dans concours gendarmerie : épreuves et préparation.

Les dérogations de diplôme

Le concours SOG1 exige normalement le baccalauréat. Trois situations permettent de s'en écarter.

Les candidats en dernière année d'études, d'abord : c'est le cas le plus fréquent, et il figure dans l'article qui fixe les conditions du concours. « Les candidats au premier concours qui accomplissent la dernière année d'études en vue de l'obtention d'un des diplômes ou titres requis au 1° peuvent être autorisés à se présenter au concours. Ils devront justifier de l'obtention du diplôme au plus tard à la date de la signature du contrat d'engagement » (décret n° 2008-952, article 13-1). Autrement dit, un élève de terminale peut passer le concours, mais un échec au bac fait tomber le bénéfice du concours. À noter que l'instruction de 2020 qui décrit la procédure de recrutement demande, elle, que le diplôme soit détenu au premier jour du concours. En cas de doute, c'est le décret qui prime sur l'instruction : vérifiez le point auprès du bureau du recrutement au moment de vous inscrire.

Deux catégories de candidats peuvent par ailleurs se présenter sans diplôme du tout :

Les mères ou pères ayant élevé au moins trois enfants. Ils peuvent se présenter à ce concours, comme à la plupart des concours de la fonction publique, sans remplir la condition de diplôme (décret n° 81-317 du 7 avril 1981, article 1). Le texte précise une limite : cette dispense ne joue pas pour les concours donnant accès à un emploi qui exige légalement un diplôme précis pour exercer la profession (un poste de médecin ou d'expert technique, par exemple), ce qui n'est pas le cas du baccalauréat demandé pour le SOG1.

Les sportifs de haut niveau inscrits sur la liste ministérielle mentionnée à l'article L. 221-2 du code du sport peuvent eux aussi se présenter sans remplir la condition de diplôme (code du sport, article L221-3).

À noter : les concours SOG2 (interne, réservé notamment aux gendarmes adjoints volontaires et aux militaires d'autres armées) et SOG3 (sur expérience professionnelle, trois ans d'expérience minimum) n'exigent structurellement aucun diplôme, quelle que soit la situation du candidat. Pour beaucoup de profils sans bac, ce sont des voies d'accès plus directes qu'une demande de dérogation. Voir aussi notre guide gendarme adjoint volontaire (GAV) pour la voie accessible dès 17 ans sans diplôme.

Les dérogations d'âge

La limite de 35 ans ne s'applique pas, ou est reculée, dans plusieurs cas prévus par la loi :

SituationEffet sur la limite d'âgeTexte
Parent élevant ou ayant élevé au moins 3 enfants, ou personne élevant seule un enfantLimite d'âge non opposableLoi n° 75-3 du 3 janvier 1975, article 8
Enfant à charge ou personne handicapée à chargeRecul d'un an par enfant ou personne à chargeCode de l'action sociale et des familles, article L215-3
Sportif de haut niveau inscrit sur la liste ministérielleLimite d'âge non opposable pendant l'inscription ; recul possible après radiation, dans la limite de 5 ansCode du sport, article L221-4
Service civique effectuéRecul d'une durée égale au temps de service accompliCode du service national, article L120-33
Volontariat de solidarité internationale effectuéRecul d'une durée égale au temps de volontariat accompliCode du service national, article L122-16

Un même enfant ne peut pas ouvrir droit à la fois au recul d'un an de l'article L215-3 et à une autre extension d'âge fondée sur un enfant à charge : le code de l'action sociale et des familles l'exclut explicitement (article L215-3). Ces dérogations d'âge ne sont pas propres à la gendarmerie : elles s'appliquent, de façon générale, à l'accès aux emplois publics de l'État. C'est ce qui explique qu'elles soient rarement détaillées sur les sites de recrutement dédiés à un seul concours.

Ce que ces dérogations ne couvrent pas

Ces textes concernent l'âge et le diplôme. Ils sont distincts des aménagements prévus pour le déroulement même des épreuves : l'instruction de recrutement prévoit, « en faveur des candidats en situation de handicap », d'adapter la durée et le fractionnement de l'épreuve aux moyens physiques du candidat et d'accorder des aides humaines et techniques, sur avis d'un médecin agréé et à condition d'en faire la demande au bureau du recrutement avant les épreuves (instruction n° 73100/ARM/GEND/DPMGN/SDC/BRCE, point 3.3). Pour toute autre situation particulière, y compris une grossesse au moment de l'épreuve sportive, l'instruction ne publie pas de règle : posez la question au bureau du recrutement (BRCE) via votre CIRFA plutôt que de vous fier à une information de forum.

Comment faire valoir une dérogation

Une dérogation ne s'applique pas automatiquement : elle doit être demandée, avec les pièces justificatives correspondantes (livret de famille, attestation d'inscription sur la liste des sportifs de haut niveau, attestation de service civique...), au moment de l'inscription au concours. Le calendrier précis d'ouverture des inscriptions pour chaque session est publié sur le site officiel de recrutement de la Gendarmerie nationale. En cas de doute sur votre situation, un CIRFA peut vérifier avec vous, avant l'inscription, si vous entrez dans l'un des cas listés ci-dessus.

Questions fréquentes

Peut-on se présenter au concours SOG1 après 35 ans sans être dans l'un de ces cas ? Non. En dehors des situations prévues par la loi (enfant à charge, sportif de haut niveau, service civique ou volontariat international accompli), la limite de 35 ans au 1er janvier de l'année du concours s'applique sans exception (décret n° 2008-952, article 13-1).

Faut-il obligatoirement le bac pour devenir gendarme ? Non, pas pour toutes les voies. Le bac (ou un diplôme de niveau 4) n'est exigé que pour le concours externe SOG1, et même là, un candidat en dernière année d'études peut se présenter, à charge pour lui de justifier du diplôme au plus tard à la signature du contrat d'engagement. Les concours SOG2 et SOG3, ainsi que le statut de gendarme adjoint volontaire, n'imposent pas de diplôme.

Pour comparer les limites d'âge selon les statuts et les armées, voir notre guide âge limite pour s'engager dans l'armée. Pour découvrir les offres actuellement ouvertes dans la Gendarmerie, direction notre page branche Gendarmerie et les offres d'engagement.