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RecrutementMis à jour le 06/08/2026 · 7 min

Gendarme adjoint volontaire ou sous-officier : quelles différences ?

Officier de gendarmerie mobile et Marine américain lors d'un exercice conjoint de maintien de l'ordre
Officier de gendarmerie mobile et Marine américain lors d'un exercice conjoint de maintien de l'ordre. Domaine public, via Wikimedia Commons

Le gendarme adjoint volontaire (GAV) et le sous-officier de gendarmerie (SOG) portent le même uniforme et servent dans les mêmes brigades, mais leur statut, leurs pouvoirs sur le terrain et leur perspective de carrière n'ont rien de commun. L'un est un engagement court, sans diplôme requis pour l'essentiel des postes ; l'autre est le début d'une carrière militaire structurée, accessible avec le baccalauréat. Voici ce qui les distingue précisément, texte à l'appui.

Deux statuts militaires, mais pas la même durée

Ni le GAV ni le sous-officier ne sont fonctionnaires : les deux relèvent du statut général des militaires, régi par le code de la défense, qui impose à tout militaire « esprit de sacrifice, discipline, disponibilité, loyalisme et neutralité » (code de la défense, art. L4111-1). C'est un statut distinct de la fonction publique civile, commun aux deux voies. Ce qui les sépare, c'est la nature de leur engagement.

Le GAV sert en vertu d'un contrat de volontariat (code de la défense, art. L4132-11) : un engagement par nature temporaire, pensé pour donner une première expérience avant de choisir la suite. Le sous-officier, lui, entre d'abord comme « engagé » sous contrat, mais peut ensuite accéder au statut de sous-officier de carrière, recruté par sélection parmi les sous-officiers déjà engagés, pour une durée illimitée d'exercice (décret n° 2008-952, art. 21). Ce même décret fixe les cinq grades du corps (gendarme, maréchal des logis-chef, adjudant, adjudant-chef, major) et impose, dès la nomination au grade de gendarme, un engagement minimal de quatre ans au service de l'État (art. 14-1). Autrement dit : le GAV est conçu comme un tremplin, le sous-officier comme une carrière.

Le tableau comparatif

CritèreGendarme adjoint volontaire (GAV)Sous-officier de gendarmerie (SOG)
Diplôme requisAucun pour le GAV APJA ; CAP ou bac selon le poste pour le GAV EPBaccalauréat ou diplôme de niveau 4 RNCP (dérogations possibles)
Âge17 ans au moins et 26 ans au plus à la date du dépôt de la candidature17 ans au moins et 35 ans au plus au 1ᵉʳ janvier de l'année du concours
Nature du contratVolontariat, engagement temporaireEngagement, avec accès possible à la carrière
Formation initiale25 semainesEnviron 12 mois
Statut judiciaireAgent de police judiciaire adjoint (APJA)Agent de police judiciaire (APJ), puis officier de police judiciaire (OPJ) sur qualification
PerspectiveTremplin de quelques annéesCarrière longue, jusqu'à la retraite

Sources du tableau : âge du GAV et conditions de candidature à l'arrêté du 15 décembre 2025 relatif au recrutement des volontaires dans les armées en service au sein de la gendarmerie nationale, article 2 ; âge et diplôme du sous-officier à l'article 13-1 du décret n° 2008-952 ; durée de la formation du GAV à l'arrêté du 17 mars 2023, article 3 ; statut judiciaire aux articles 20 et 21 du code de procédure pénale (voir plus bas). Le détail des conditions figure dans nos guides devenir gendarme adjoint volontaire (GAV) et comment devenir gendarme en 2026.

Ce que chacun a le droit de faire sur le terrain

C'est la différence la plus concrète, et la moins connue du grand public : GAV et sous-officiers n'ont pas les mêmes pouvoirs de police judiciaire.

Le sous-officier (hors volontaire) a la qualité d'agent de police judiciaire (APJ) dès lors qu'il est affecté à un poste comportant cet exercice (code de procédure pénale, art. 20). Il peut ensuite, après une qualification spécifique, devenir officier de police judiciaire (OPJ), seul habilité à décider d'une garde à vue.

Le GAV, à l'inverse, est explicitement exclu de la qualité d'APJ par ce même article et relève de la catégorie des agents de police judiciaire adjoints (APJA) (code de procédure pénale, art. 21). Sa mission légale est de seconder les officiers de police judiciaire : rendre compte des infractions constatées, recueillir des renseignements sous l'autorité de ses supérieurs, ou encore constater par procès-verbal les contraventions au code de la route. Il ne peut ni mener une enquête de façon autonome, ni décider d'une mesure de garde à vue.

La formation initiale : 25 semaines contre environ un an

Le GAV suit une formation initiale de vingt-cinq semaines, pouvant être prolongée sans dépasser douze mois, organisée en deux phases : une préparation militaire, technique et tactique générale, puis un complément consacré aux missions de police judiciaire (arrêté du 17 mars 2023, art. 3 et 5). Une période probatoire de six mois, renouvelable une fois pour raison de santé ou de formation insuffisante, s'applique en début de contrat (art. 4).

Le sous-officier suit une formation plus longue, environ douze mois répartis entre l'école et un stage en unité, sanctionnée par un certificat d'aptitude à la gendarmerie : le déroulé complet est détaillé dans notre guide comment devenir gendarme en 2026. Cet écart de durée reflète l'écart de responsabilités : un sous-officier encadre, dirige des interventions et engage sa signature sur des procédures judiciaires, quand un GAV agit en soutien.

Le salaire : une grille, pas l'autre

Les deux statuts n'obéissent pas à la même grille de solde. Le GAV touche une solde de contractuel, plus modeste, logement et alimentation généralement pris en charge ; le sous-officier est rémunéré sur un indice de solde propre à son grade et à son échelon, qui progresse fortement avec l'ancienneté et les promotions. Les montants précis, calculés à partir des indices majorés en vigueur, sont détaillés grade par grade dans notre guide salaire d'un gendarme en 2026.

La passerelle : devenir sous-officier quand on est GAV

C'est l'articulation la plus importante entre les deux statuts : le GAV n'est pas une impasse. Après une durée de service minimale et l'obtention du diplôme de gendarme adjoint volontaire, un GAV peut se présenter au concours interne de sous-officier, ouvert sans condition de diplôme, contrairement au concours externe qui exige le baccalauréat. Les conditions précises (ancienneté requise, pièces du dossier) sont détaillées dans notre guide devenir gendarme adjoint volontaire (GAV), et le déroulé des épreuves du concours dans notre guide concours gendarmerie : épreuves et préparation.

Quelle voie choisir ?

Le choix dépend surtout de votre situation au moment de candidater. Le GAV convient à qui veut découvrir le métier tôt, dès 17 ans, sans diplôme et sans s'engager sur le long terme : c'est une expérience, pas encore une carrière. Le sous-officier, via le concours externe, s'adresse à qui a déjà le baccalauréat et vise directement une carrière longue avec davantage de responsabilités judiciaires. Entre les deux, la passerelle interne permet de tester le métier comme GAV avant de s'engager pour de bon, ce qui explique qu'une large part des sous-officiers recrutés chaque année soient d'anciens GAV.

Pour comparer les autres voies d'accès à la Gendarmerie, y compris la voie officier, consultez notre guide comment devenir gendarme en 2026, et pour situer la gendarmerie parmi les autres armées, la page branche Gendarmerie et les offres actuellement ouvertes.

Questions fréquentes

Un GAV peut-il faire des enquêtes comme un gendarme titulaire ? Non. Le GAV a la qualité d'agent de police judiciaire adjoint (APJA) : il seconde les officiers de police judiciaire mais ne peut ni mener une enquête de façon autonome ni décider d'une garde à vue, à la différence du sous-officier, agent de police judiciaire (APJ) (code de procédure pénale, art. 20 et 21).

Faut-il le bac pour devenir sous-officier de gendarmerie ? Oui pour le concours externe, sauf dérogation (candidats en dernière année d'études ou parents d'au moins trois enfants). Le concours interne, réservé notamment aux GAV, n'exige pas de diplôme. Détails dans notre guide comment devenir gendarme en 2026.

Le GAV est-il payé comme un gendarme titulaire ? Non, sa solde de contractuel est nettement plus modeste que le traitement indiciaire d'un sous-officier, même si le logement et l'alimentation sont généralement pris en charge. Grilles complètes dans notre guide salaire d'un gendarme en 2026.

Peut-on devenir sous-officier sans jamais avoir été GAV ? Oui, via le concours externe, ouvert directement aux titulaires du baccalauréat dès 17 ans, sans passer par le statut de GAV.